Le président Biden parle de la division du monde en autocraties et démocraties. Mais une division plus importante existe : entre les kleptocraties, où les dirigeants traitent leurs nations comme des tirelires personnelles, et les endroits où la corruption est l’exception plutôt que la règle.
Depuis 2014, les Ukrainiens se battent pour entraîner leur pays dans cette deuxième catégorie. La révolution de Maïdan, qui a fait disparaître un président pro-russe, n’avait pas seulement pour but de libérer l’Ukraine de l’influence russe. Il s’agissait également de briser l’emprise des oligarques qui, comme dans de nombreuses anciennes républiques soviétiques, contrôlaient tout, depuis les chaînes de télévision jusqu’aux hommes politiques présents lors des élections. La lutte contre la corruption constitue un deuxième front dans la guerre que mène l’Ukraine contre la Russie.
L’Ukraine fait des progrès, ce qui n’est pas une mince affaire au milieu d’une guerre chaude. Mais il reste le deuxième pays le plus corrompu d’Europe, après la Russie, selon Transparency International. Depuis l’invasion russe de février 2022, une multitude de personnages – des marchands d’armes aux fournisseurs de repas pour les soldats – ont réussi à récolter d’énormes profits, créant ainsi des intérêts particuliers dans la prolongation du conflit.
La corruption est l’éléphant dans la pièce depuis l’invasion – un sujet impopulaire à Washington, car elle risque de saper le soutien américain dont l’Ukraine a désespérément besoin.
Mais devinez qui n’a pas hésité à dénoncer la corruption en Ukraine ? Ukrainiens. Personne ne sait mieux à quel point la corruption peut constituer une menace existentielle, sapant la confiance du public e...
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